mardi 22 mai 2018

J'ai testé pour moi – Le brunch du Potager de Charlotte


Ces derniers temps on a parlé société, travail artistique, sorties culturelles... L'heure est venue de parler des vraies choses de la vie, des choses essentielles à savoir LA BOUFFE.

Pour le coup, le restau que je vous présente aujourd'hui vaut son pesant de cacahuètes.

Bienvenue au Potager de Charlotte

Nickel j'ai encore faim


Ouvert fin 2015 par deux frères, le Potager de Charlotte propose de la nourriture entièrement végétalienne et généreuse. Non, les végétaliens/vegans ne mangent pas que des graines et ce restaurant en est la preuve vivante.

Je le connais depuis un moment. Je l'adore et je me suis dit que tester son brunch était une bonne occasion de vous le présenter.



La première fois que j'y suis allée, je m'intéressais déjà à la nourriture végétalienne mais je n'étais pas encore végétarienne. Ça correspond à la période où je commençais à vouloir y goûter parce que je trouvais intéressant de manger des plats qui n'étaient pas construits autour de la viande ou du poisson. 

Quoi qu'il en soit, je pense très clairement que ce restaurant a contribué à mon cheminement vers le végétarisme.

Je me souviens y avoir mangé 4 gnocchis gros comme la moitié de mon poing à la crème de riz, au tamari, aux girolles et crumesan (parmesan vegan). Connaissant ma capacité à manger, je pensais que les gnocchis ne me feraient pas un repas. Grande erreur. Vraiment, grande erreur. 

La deuxième fois, j'y ai goûté un duo de purées pommes de terre Samba et patates douces à la crème tamari, tomates séchées, coriandre fraîche et cacahuètes torréfiées. Un pur régal. 


À chaque fois, j'en suis ressortie avec le ventre plus que plein et le sourire aux lèvres. Et quand je souris pendant 15 minutes en sortant d'un restaurant en disant « waaah c'était bon », c'est que c'était très bon.

Voilà comme ça, je suis Garfield en fait

Toujours est-il qu'en bonne amoureuse de la cuisine, il s'avère que je suis une meuf qui fait des brunches. Ça m'arrive pas souvent, mais ça m'arrive. J'ai donc eu l'immense chance de découvrir leur formule petit déjeuner du dimanche matin, servie entre 11h et 15h.

Au menu salé

Avocat façon œuf dur avec houmous (HOUMOUUUS) et curcuma, que je connaissais déjà et qui est toujours autant une réussite.

Des crêpes de riz et pois chiche, crème de cajou aux herbes et piment d’Espelette. Clairement mes petites prefs de la formule, j'en pouvais plus tellement c'était bon.


Au menu sucré



Rose des sables, crème chocolat, noisettes torréfiées et grenade. Je l'ai trouvé un peu dure à manger à la cuillère (parce que très condensée). Bon après, c'est le dessert en question qui veut ça. Difficile de la prendre dans les mains donc, déjà parce que le restaurant est assez classe mais surtout parce que la rose des sables est posée sur la crème. Mais comme je ne recule devant rien en bonne grande battante, j'ai réussi à la manger sans faire de carnage et je peux vous dire que ça aussi c'était très bon (mais je pense que vous avez compris que j'avais trouvé tout très bon).


Enfin pour terminer, crêpe crème noisette coco, agave, chantilly de coco et fruits frais. Pour le coup aucun mal à dégommer l'assiette en 20 secondes top chrono. 



La formule comprend également 2 boissons, une chaude et une froide, au choix:

Café, thé, infusion ou chocolat chaud et jus de saison, smoothie ou agrumes pressés. J'ai personnellement opté pour un thé classique, vert à la menthe de chez Lov Organic et un smoothie maison aux myrtilles sauvages qui envoyait clairement du lourd.

Petit détail qui fait plaisir: la paille métallique accompagnant les jus pour éviter de gâcher du plastique.

J'ai aussi eu l'occasion de goûter le jus de saison au gingembre, céleri et concombre qui m'a donné un véritable coup de fouet.

Donc oui, j'ai mangé TOUT ça.


Quand je suis sortie du restau

Même sourire béat pendant 15 minutes en sortant de ce restaurant, c'est toujours un plaisir d'y manger.

Leur carte est peu fournie. Si j'ai bien appris un truc des émissions « Cauchemars en Cuisine » de Gordon Ramsay, c'est qu'un nombre de plats restreint sur une carte est un gage de qualité. Ça prouve que l'équipe porte plus d'attention sur l'élaboration de ses plats pour tirer le meilleur des produits.


Merci Gordon pour ta poésie et tes leçons de vie

Les plats proposés évoluent au fil des saisons. Donc si vous lisez cet article plusieurs mois après sa publication, il est fort probable que le menu ne soit plus le même. 

Le restaurant se fournit autant que possible sur le marché français et favorise les produits locaux. Il est même signataire de la charte régionale de la biodiversité et des circuits courts (CERVIA). Et ça c'est plutôt pas mal.

Le service est de très bonne qualité, tout le monde est adorable. À ce propos si vous avez des allergies alimentaires n'hésitez pas à en parler aux serveurs/euses qui vous guideront dans votre choix.

Le lieu est assez petit et rencontre un grand succès alors je vous conseille de réserver pour être sûr(e) d'avoir une place. La décoration est sobre mais efficace.

Photo tirée de leur site Internet

Côté sous, vous vous figurez qu'avec un tel niveau de qualité les prix ne sont pas ceux d'un fast food 
(29 euros pour le brunch). Mais très honnêtement, l'investissement vaut sincèrement le coup. Il me semble qu'ils proposent même des menus entrée/plat, plat/dessert ou les trois, ce qui peut aider.

Bref, je ne peux que vous conseiller d'aller faire un tour dans ce restaurant pour découvrir la cuisine végétalienne ou juste vous remplir la panse bien comme il faut !

Le Potager de Charlotte

12, rue de la Tour d’Auvergne 
Paris 9ème
Métro Anvers (2), Poissonnière (7) ou Notre-Dame-de-Lorette (12)

Heures d’ouverture


Mercredi & Jeudi :
19h – 22h30
Vendredi & Samedi :
12h – 14h30
19h – 22h30
Dimanche (Brunch) :
11h – 15h
Fermé tous les Lundi et Mardi



Réservation en ligne



Allez, je vous laisse avec la carte disponible au moment où je vous écris.
  

mardi 15 mai 2018

La Photo et moi – Mon propre Fruit de la Passion


Déjà 8 ans que je fais de la Photo, ça passe à vitesse folle.

La Photo m'a fait vivre des choses vraiment belles, que je n'aurais même pas osé imaginer en commençant. Des expos, interview, l'intégration à un webzine... Mais surtout, des rencontres incroyables.

Quelques unes de mes amies les plus proches étaient au début « simplement » des modèles avec qui je travaillais de temps à autre. J'ai même été intervenante photographe en colonies de vacances, pour apprendre à des enfants et ados comment utiliser un appareil, j'ai tenté de leur filer le virus. Je crois même que ça a marché pour certains, une belle victoire.

La Photo, c'est ce truc qui me semblait pas vraiment payer de mine mais que je n'ai jamais pu quitter à partir du moment où j'ai appuyé pour la première fois sur un déclencheur lors d'une séance photo. Je pensais que c'était quelque chose que je garderai seulement comme passion or plus le temps passe, plus je me rends compte que c'est une passion qui prend le pas sur tout le reste. 

Aujourd'hui je me suis dit qu'il serait intéressant de revenir sur mon parcours, en vous montrant l'évolution de mon style (surtout parce que c'est mon blog et parce que j'y fais un peu ce que je veux, hein).


Première photo, dernière photo


À gauche: Ameera (2010), à droite: Lëya Smith (2018)

Comme beaucoup j'imagine, j'ai commencé en photographiant mes ami(e)s assez innocemment, pour le 
« délire » (j'étais une meuf top délire, une grande guedin comme on ne dit plus). Et puis peu à peu c'est devenu de plus en plus sérieux.

J'ai toujours entretenu mon goût pour les costumes et les mises en scène alors vous imaginez bien que la photo de portrait semblait être une évidence. Du coup, il n'y a jamais eu de doute sur le style de photos que je voulais faire, dans les grandes lignes (paysage, portrait, nature morte). Évidemment, concernant le style artistique, ça a été une autre paire de manches.

D'abord il y a eu les thèmes, longtemps même. Thème Reine Rouge, thème Blanche Neige... Des thèmes à chaque séance. Dans ma logique de mise en scène, une séance ne pouvait avoir lieu d'être s'il n'y avait pas de thème défini. C'était obligatoire.
Modèles: Gabriela & Maud, 2010

Je me souviens même avoir lancé un projet, inspiré par les personnages de Skins. J'ai adoré le faire mais j'en suis vite revenue, parce que je ne voulais pas m'enfermer dans de la simple reproduction.


Projet Skins (2011)

De gauche à droite: Éléonore/Michelle, Coralie/Effy, Paola/Cassie, Sweet Vanity/ Katie & Emily, MUA Photos 2 et 3: Ana G

Toujours dans l'idée de grands projets, il y a eu aussi les couleurs. Que je referai volontiers, avec les moyens matériels que j'ai aujourd'hui.

Projet Couleurs (2011)

De gauche à droite et de haut en bas: Sweet Vanity, Zoé, Antonin, Clémence, Julien & Garance

Mordue de couleurs, je me souviens a avoir été véritablement fière d'une de mes photos quand j'ai terminé la retouche de celle-ci :

Modèle: Emma, MUA: Ana G, Assistante: Coralie, 2012

Je suis dans le même temps allée explorer des aspects plus dark/fantasy. Il était hors de questions que les forêts et l'herbe soient de couleurs verte, il fallait changer ça, au plus vite. Belle erreur.

Le bon goût des forêts violettes

Modèles: Justine (2011) à gauche et Métaux Lourds à droite (2013)


Évidemment, ce n'était pas ma seule erreur, je passe sur la signature sur les photos (!!!!!) de 12 mètres de long sur 4 de large, les mauvaises retouches de peau, les contrastes mal gérés... Bref, je vous épargne le massacre.

À force de connaître certain(e)s modèles, j'y suis allée de manière un peu plus détente, je me laissais tentée par un « viens on se retrouve ce jour-là à telle heure avec un appareil photo et on voit ce qu'il se passe ».

J'ai commencé à explorer le studio que très tard, par manque de moyen et aussi parce que j'étais persuadée que le studio allait me brider dans mon élan créatif. Seulement des fonds unis, toujours un peu la même chose. Finalement j'étais bien loin du compte...

Modèle: Sweet Vanity, 2015

En voyant tout ce qu'il pouvait m'apporter, j'ai voulu lancer un autre projet en créant mes propres décors, très mis en scène et assez cartoons (au passage il est pas impossible non plus que je reprenne cette série qui me tenait pas mal à cœur).

Rue des Cartoons (2015-2016)

De gauche à droite et de haut en bas: Amélie (Assistante: Fatoumata), Dame Akasha (MUA: Ana G), Ariane, Lisa, Sweet Vanity, Elle Lewinsky

Tout au long de ces années, une seule chose me préoccupait comme une ombre planante au dessus de moi: trouver mon style artistique. Je trouvais toujours que je ne me démarquais pas assez des autres photographes, je voulais qu'on reconnaisse ma patte au premier coup d'oeil. Pour être honnête, ce n'était pas vraiment une quête. Je n'étais pas non plus obsédée. Pour autant je nourrissais au fond de moi cette envie de me trouver.

Et puis c'est arrivé, naturellement. Tout récemment d'ailleurs. L'été dernier, alors que je m'ennuyais sec sur Photoshop et que j'ai pété un câble en laissant libre cours à mon imagination. Se laisser faire n'importe quoi, meilleure décision.

De gauche à droite et de haut en bas: Léopoldine, Métaux Lourds, mon pouce (il est beau non ?), Marine, Le Renard Noir, Sabine

Depuis que j'ai trouvé cette identité visuelle, je n'en démords pas. Je me sens bien où je suis et je compte bien continuer encore longtemps comme ça.


Merci aux gens qui me suivent depuis le début, à ceux qui m'ont découvert en cours de route, et ceux qui viennent tout juste de me découvrir. Je suis touchée par votre soutien. Merci à mes merveilleux/ses modèles, assistant(e)s, MUA, ami(e)s qui m'ont filé des claques quand j'ai dis que je voulais arrêter. Je suis entourée des meilleur(e)s.

Et comme je suis la reine des traitres, je vous laisse avec un extrait des bêtisiers de séances photo.

De gauche à droite et de haut en bas parce que j'affiche aussi les gens des bêtisiers: Sweet Vanity, Mylène, Noémie, Princesse Pastèque et Camille, Métaux Lourds et Marine

mardi 8 mai 2018

Le féminisme pour et par les hommes – Merci de laisser les femmes s'exprimer


Vendredi matin je tombais sur un post Insta du dessinateur Pacco proposant un concours pour gagner des exemplaires d'un nouveau livre, pour lequel il a réalisé des illustrations:


«Le Guide du Féminisme pour les hommes et par les hommes»

Pour vous donner une idée, j'étais en train de traîner dans mon lit donc si vous voulez c'est l'une des premières images annonçant le ton de ma journée. Bah j'étais vener. Non contente de cette trouvaille qui me révoltait (et me révolte toujours), j'ai décidé de partager mon mécontentement sur mon compte Facebook, histoire de voir la réaction des gens -et aussi en débattre. J'avais hésité avec Twitter sauf que sur Twitter on a des gens qui sortent de nulle part qui viennent vous dire de rouler sur vos morts dès que vous montrez une once de désaccord.

La dernière fois qu'un mec a dit qu'il disait chocolatine sur Twitter, allégorie

Fort heureusement, je sais mes contacts Facebook pas assez cons pour tomber là dedans (et puis au pire, ça dégage parce que je m'estime tolérante mais y a un moment faut pas pousser, si on m'empêche de dialoguer). S'en est donc suivi tout au long de la journée un échange assez conséquent entre mes contacts qui ne se connaissaient pas forcément.

Il faut dire que j'avais envie de revenir là-dessus, parce que j'ai trouvé le débat assez intéressant pour en faire un article.

Moi, vendredi dernier.

Pour commencer, j'aimerais vous faire part des raisons pour lesquelles ce titre m'a fait tiquer. «Le Guide du Féminisme pour les hommes et par les hommes», donc. Le féminisme est certes un combat féminin, mais que j'estime pouvoir également être mené par des hommes. Cet avis n'est pas partagé par toutes les femmes féministes (et encore heureux parce que que serait un monde où tous les individus seraient d'accord), mais c'est mon avis.

Selon moi, on peut être homme et féministe (comme mon meilleur ami l'est, comme Verino me semble l'être). L'important étant de ne pas oublier les femmes dans cette histoire.

Alors oui, dit comme ça, ça peut paraître un peu ridicule. Puisque finalement le combat féministe, on peut se dire d'emblée que c'est un combat majoritairement mené par des femmes. Or là ce que le titre évoque c'est expliquer aux hommes le féminisme, mais par des hommes seulement. Ils parlent donc totalement à la place des femmes, pourtant premières concernées par le sujet.

J'ai un peu de réticence vis-à-vis de cette manie qu'ont les gens à vouloir poser des mots (la plupart étant des anglicismes) sur des phénomènes de société. Le phénomène dont je parle ici est le mansplaining. Bon, j'essaye de me raisonner sur ces réticences en me disant que nommer la chose c'est un premier pas vers la résolution du problème mais soit. 

Donc le mansplaining, cette faculté qu'ont certains hommes à expliquer aux femmes ce qu'elles savent déjà, en étant assez condescendants au passage (après tout, pourquoi ne pas se faire plaisir tant qu'à faire) ?


Dans le cas présent, il s'agit plutôt de réexpliquer ce que les femmes ont déjà dit mais à des hommes. La présence d'hommes dans l'élaboration de ce livre ne me dérange pas du tout. Je sais que certain(e)s peuvent être heurté(e)s par ça, pas moi. Non moi ce qui me pose problème, c'est que tous les auteurs ayant contribué à ce livre soient des hommes, parce qu'on a pas eu la présence d'esprit d'inclure au moins une femme dans le processus.


En réponse à cela, on m'a dit que c'était peut être une bonne idée comme première approche de se parler «entre couilles» pour inciter les mecs à s'intéresser au féminisme. Si pour certains l'intention peut s'avérer louable en un sens, j'aurais personnellement tendance à croire qu'on vous prend plutôt pour des poires. Parce qu'en faisant cela, on insinue que les hommes voient les femmes comme une véritable menace, un individu hystérique probablement en roue libre à cause de ses règles et qu'ils ne sont pas capables d'entendre ce que les femmes ont à dire.

Mais permettez-moi de vous dire que je ne crois pas les hommes aussi cons. Et puis s'il y a des hommes aussi cons que ça (bah après tout y a quand même Kanye West qui a dit que l'esclavagisme était un choix donc pourquoi pas), je pense être en droit de me dire que ces hommes-là ne vont pas se diriger vers un tel ouvrage, parce qu'il supposerait l'effort de vouloir comprendre quelque chose, en ouvrant son esprit. Ce qui me semble incompatible avec une telle perception des femmes.

Ouais, ce genre là.

Selon moi, dans le combat féministe, la parole des femmes peut être confortée par celle des hommes mais jamais substituée.



Pourquoi ? Tout simplement parce que ce combat est né d'un cruel manque d'égalité entre les hommes et les femmes et que de ce fait jamais un homme ne pourra parfaitement exprimer le ressenti d'une femme. Et inversement d'ailleurs ! 

Je ne prendrai jamais seule la parole sur un sujet tel que la pression que subissent certains hommes à montrer leur «virilité» (ne pas pleurer, être musclé, ne pas afficher ses sentiments) tout simplement parce que je ne me permettrai pas de parler à leur place là-dessus. C'est un sujet qui les concerne, je peux donner mon avis et en parler mais à la seule condition qu'au moins un homme, donc directement touché par cette problématique soit présent pour me reprendre si je dis une bêtise. 

Parce que je le redis, je ne pourrai jamais avoir conscience de l'intégralité de son ressenti tout simplement parce que je ne suis pas un homme et que je ne vivrai jamais la chose comme il l'a vécue (surtout parce que moi on me lâche la grappe niveau virilité).


Il faudrait peut être considérer le titre de ce livre comme «putaclic», fait pour choquer, histoire de booster les ventes (on a tous et toutes besoins de thunes hein).

Comme j'avais du temps à tuer, plutôt qu'aller réviser mes cours de droit fiscal j'ai préféré me rendre à la Fnac proche de chez moi pour aller feuilleter ce bouquin. Je ne me suis pas trompée: il s'agit bien là d'un ouvrage sur une cause touchant les femmes et qui pourtant ne leur laisse à aucun moment la parole. Les auteurs, 
Michael Kaufman et Michael Kimmel s'emploient donc bien à expliquer chaque concept féministe sans que les concernées ne puissent exprimer leur point de vue et ressenti. 

Bien évidemment, j'entends les personnes qui me rétorquent que le livre a sans doute été écrit dans de bonnes intentions mais réalisé maladroitement. Mais si vous voulez, il y a quand même quelques formules qui ont pu me faire tiquer... 

Par exemple, quand en quatrième de couverture, premier paragraphe, je lis "depuis quelques mois, on assiste à une libération de la parole des femmes (affaire Weinstein, #balancetonporc...), mais qu'en est-il de celle des hommes ?", permettez-moi de m'offusquer. 

Non, vous ne rêvez pas, on y remet ici en question la place de la parole des hommes alors même que nous vivons dans une société patriarcale où la parole des hommes est TOUJOURS mise en avant. 

Même si le livre ne se révélait pas d'intention sexiste, il n'empêche qu'il serait susceptible de véhiculer une image contribuant à l'aspect sexiste de notre société. Parce que je ne pense pas que la majorité des francophones à travers le monde ira se jeter pour le lire. 

Mais juste en voyant et en lisant ce titre, certaines personnes non sensibilisées au féminisme (hommes comme femmes donc), pourraient intégrer dans leur inconscient qu'il soit normal de parler en lieu et place de quelqu'un sur une cause qui ne vous concernait pas à l'origine. Je dis à l'origine parce que vous avez pu être sensibilisé par la suite à cette cause, il n'en demeure pas moins que vous n'étiez pas à la base victime de ce phénomène (je ne m'adresse ici à aucun genre en particulier, parlant de toutes les causes existantes sur Terre).

Le féminisme c'est aussi faire en sorte que la société arrête de considérer les femmes comme des objets dénués d'intelligence qui ne sont là que pour plaire aux hommes, parce qu'elles ont, elles aussi des choses tout aussi importantes à dire qu'il faut absolument écouter.


Et pour les écouter, encore faudrait-il les laisser s'exprimer.


P-S : vous êtes tout à fait en droit de donner votre avis en commentaire, j'invite à la discussion. Seulement merci de le faire dans le respect du point de vue de chacun et de ne pas s'insulter. Dans le cas contraire je me verrais dans l'obligation de censurer les commentaires malveillants. 

mardi 1 mai 2018

Des PP de BG à foison- Devenez modèle photo !


Bon. La dernière fois qu'on a abordé le sujet je vous expliquais surtout comment ne pas passer pour un gros rustre pour avoir de jolies photosMaintenant que les bases ont été posées, j'aimerais vous inciter à vous lancer dans le modeling. Parce que le modeling c'est cool et que c'est une raison déjà bien suffisante.




WARNING WARNING WARNING
Ceci n'est pas une invitation à m'envoyer des demandes de collab
WARNING WARNING WARNING


Pourquoi vouloir poser ?

Certaines personnes disent avoir commencé à poser dans une volonté d'apprivoiser leur corps, pour s'y sentir mieux. La pose prend alors une visée thérapeutique en aidant les modèles à s'accepter, ce qui est une très bonne chose et donc une première raison pour laquelle vous auriez envie de vous mettre à poser. Mais ce n'est pas la seule raison. Eh oui, d'autres modèles posent parce qu'ils/elles aiment incarner un personnage et que cela ne passe pas exclusivement par le théâtre ou le cinéma mais peut aussi par la photo. 

J'ai personnellement commencé à poser peu après m'être lancée dans la photo en tant que photographe (amatrice). Tout simplement parce que je voulais comprendre ce qu'il se passait de l'autre côté de l'appareil, quand il n'y a à penser «qu'à la pose» et non plus à la photo au sens technique du terme. Je le précise car pour ceux et celles qui ne le sauraient pas je fais également des autoportraits et ce depuis mes débuts en photo. Or je trouve qu'il y a encore une différence entre l'autoportrait où on est avec soi-même et la pose devant un(e) photographe qui nous dirige et de fait nous met dans une situation peu confortable puisque nous ne sommes plus seul(e)s.





Et si je n'ai pas de profil type «agence»?

Être modèle ne signifie pas être mannequin. Dans le monde du modeling, pas de taille minimum, pas de restriction de poids ou de couleur de cheveux. L'important avant tout c'est de dégager quelque chose qui fera que vous vous démarquerez des autres modèles. Et je ne parle pas forcément de style ou de trait physique, cela peut aussi être une capacité à prendre des poses très expressives par exemple. 

Alors oui, certain(e)s photographes pour leurs commandes (par des marques) ou leur travail personnel recherchent des modèles type agence. Mais d'autres ont d'autres d'histoires à raconter, plus artistique et ont donc besoin de plusieurs personnages. Vous finirez probablement par trouver un ou une photographe intéressé(e) par votre profil.




Comment se construire un book?

Un book, c'est une sélection de travaux représentatifs de ce que vous faites. Mais cela peut aussi être une sélection, parmi vos travaux, d'un style vers lequel vous aimeriez vous diriger. L'une de mes amies modèles par exemple n'a retenu que ses photos axées mode car elle ne souhaite plus en faire d'autre type et ne veut pas aiguiller les photographes qui voudraient la contacter vers une piste qui ne lui conviendrait pas. Évidemment lorsqu'on commence, on ne sait pas où et comment débuter ou qui contacter. Selon moi, le chemin idéal serait de demander à un(e) ami(e), pas forcément photographe, de vous prendre en photo. Je ne dis absolument pas que ces photos serviront pour votre book, loin de là (sauf si l'ami(e) en question est photographe), mais surtout histoire de vous familiariser quelque peu avec un objectif. 

Ensuite, je vous dirais de contacter des photographes qui vous plaisent pour leur passer commande. Non, il n'y a aucune honte à commander des photos à des photographes. Je me doute que pour certain(e) le rêve serait d'être repéré(e) par un(e) photographe que vous admirez et de vous faire un nom comme ça. Mais il faut bien commencer quelque part et vous aurez ainsi la garantie d'avoir tout de suite un book de bonne qualité. 

Au passage, MERCI D'ÉVITER D'Y METTRE DES SELFIES. Ça ne fait juste pas sérieux et la plupart du temps cela vous décrédibilisera. Non vraiment, accordez vous un petit budget modeling et contactez les photographes.

Quand on m'envoie un book fait de selfies avec option filtres snapchat

J'ajoute enfin que le book, étant une sélection, ne doit pas comporter plus de deux photos de la même séance photo, à moins que celle-ci montre vraiment des ambiances différentes. Donc n'hésitez pas à demander aux photographes s'ils ont des mini formules avec un rendu de 3 ou 4 photos pour ne pas vous ruiner dès le départ dans un set de 15 photos qui ne vous conviendra plus au bout de 6 mois parce que vous aurez pris du gallon en tant que modèle et que vous n'aimerez plus votre attitude sur ces photos.

C'est ce qu'on appelle être efficace

Où trouver des photographes dont le travail me plaira ?

J'ai envie de vous répondre: un peu partout ! Mais bon, vu que nous sommes entre nous j'aimerais tout de même vous conseiller pour quelque chose: ne vous inscrivez pas sur les groupes facebook de photographes. Il y a de tout parmi ces groupes et c'est justement ça que je trouve embêtant: vous y trouverez d'excellents photographes professionnels ou amateurs tout comme vous pouvez y trouver Dédé et sa désaturation partielle (point désaturation partielle: vous vous souvenez de ces photos immondes de New-York en noir et blanc avec un taxi jaune coloré que toute la France a eu en affiche ou en set de table il y a 15 ans ? Bon ben voilà). 

LE BON GOÛT

Après, libre à vous de choisir parmi ces groupes, surtout si votre truc c'est la désaturation partielle. Chacun son délire n'est-ce pas ?

Étant une afficionado d'Instagram, j'aurais tendance à dire que vous avez plus de chances de trouver de vrai(e)s bon(ne)s photographes sur cette plateforme. Baladez-vous dans les abonnements que suivent les photographes ou modèles dont vous estimez le travail et visitez le profil d'autres photographes pour découvrir plein de talent. Personnellement je triche un peu, étant donné que je connais un peu ce petit monde (au bout de 8 ans c'est inévitable je crois), mais je vous assure que cette méthode peut s'avérer efficace.




Comment ne pas tomber sur un(e) photographe pervers(e) ?

Très bonne question ! À vrai dire, je vais me contenter de linker la vidéo d'une camarade photographe qui a réalisé une excellente vidéo à ce propos avec ses conseils. Bon malheureusement elle en fait plus de vidéo sur cette chaîne centrée sur la Photo mais il paraît qu'elle a une autre chaîne maintenant.



Pour celles et ceux qui auraient la flemme de regarder et parce que ce message est important je vous remets les recommandations ici:

1- Demandez toujours aux photographes qui viendraient à vous contacter leur book. Déjà pour voir si leur style vous plaît mais surtout parce que bon nombre de prédateurs n'ayant pas de photos à vous montrer chercheront des excuses du type «mon site est en maintenance » (alors qu'il pourrait vous envoyer un extrait par mail), «je n'ai pas mon disque dur externe sur moi»... Et j'en passe. Si vous voyez que les photos présentées sur un site sont trop beaucoup trop différentes les unes des autres dans leur qualité ou leur style méfiez-vous, ce(tte) «fauxtographe» a peut être volé plusieurs photos à d'autres artistes.

2- Soyez attentifs/ives au feeling ! En discutant avec la personne si vous vous rendez compte que la communication est étrange, qu'elle fait des allusions sexuelles malvenues ou tout simplement que vous ne le sentez pas, n'hésitez pas à couper court à la conversation. Ne vous en sentez pas coupable, il vaut mieux ça et vous être trompé plutôt que de se mettre en danger.

3- Dites que vous souhaitez venir accompagné(e). Ceci est toujours un très bon indicateur du sérieux des photographes qui vous contactent. Si la personne refuse catégoriquement que vous soyez accompagnée d'un(e) ami(e) discret(e) – et j'insiste là dessus- qui ne sera pas trop loin, posez vous des questions. Alors bien sûr certains shootings réclament que le/la modèle viennent seul(e), une équipe assez conséquente ayant déjà été bookée (coiffeurs/coiffeuses, maquilleurs/maquilleuses), stylistes) mais cela reste toujours une chose à avoir en tête pour débusquer les fauxtographes. 
Et surtout si vous partez seul(e) à la rencontre d'un(e) photographe que vous ne connaissez pas, laissez toujours l'adresse à laquelle vous vous rendrez à un(e) proche pour que quelqu'un sache où vous êtes.

4- Interrogez les précédent(e)s modèles ! N'hésitez pas à prendre contact avec les modèles avec lesquel(les) le/la photographe a déjà travaillé. S'il s'agit d'une personne respectable, il/elle aura mis les crédits sous chaque photo et vous retrouverez ainsi facilement le contact du/de la modèle. Demandez comment s'était passée la séance, si il/elle n'avait pas eu de geste déplacé.

5- Posez des conditions et tenez-vous en aux conditions ! Un(e) vrai(e) photographe respectueux ne cherchera pas à aller au-delà de ce que vous souhaitez vous imposer comme limite. Vous ne voulez pas poser nu(e) ou en lingerie ? Dites-lui et voyez sa réaction. Si cette conversation a lieu à l'oral, n'hésitez pas à le mettre par écrit par mail ou dans un message histoire d'avoir une trace écrite de ce qui a été convenu pour ne pas subir de chantage ou qu'on tente de vous manipuler.




J'ai l'impression qu'aucun(e) photographe ne veut de mon profil ?

Je parle ici uniquement de collaborations. Comme je le disais, il y a énormément de photographes en ce monde. Je suis donc persuadée qu'il y aura forcément quelqu'un dont le travail vous touchera qui aimera votre profil. Même s'il n'est pas simple d'accepter le refus, surtout si l'on a commencé à poser dans un but thérapeutique, il faut garder à l'idée que les photographes réalisent des collaborations sur leur temps libre et qu'elles ne leur permettent pas de s'alimenter. Il ne faut pas donc s'offusquer si à la place ils/elles vous proposent une commande. Par ailleurs, parce qu'ils/elles disposent de peu de temps pour ces travaux personnels, il faut comprendre qu'ils/elles puissent avoir envie de réaliser exactement ce qu'ils/elles imaginent et donc de trouver un(e) modèle qui correspondra parfaitement à leurs attentes. Ne jamais se décourager.



C'est bon, vous êtes paré(e)s ?